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Emploi, Education et Formation : le capital humain comme moteur pour le développement des pays du Sud ?

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C2Qu’est ce qui forme la base d’une bonne politique éducative et comment les décideurs doivent-ils l’inclure dans leurs projets de développement ? Evaluer le rôle de l’éducation et de la formation dans la création de sociétés stables et prospères était l’une des ambitions centrales de la journée consacrée au développement.

 

Eric_BessonEric Besson, Ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire

« Tous les économistes sont d’accord pour dire que l’accélération de la mondialisation engendre nécessairement un caractère encore plus vital pour ce qui est éducation et formation. Il a une nécessité d’investissement dans le couple éducation / formation, et ce tout au long de la vie ».

 

Sheikha_Rasha_Al_SabahRasha Al Sabah, Conseillère auprès de Son Excellence le Premier ministre, Ancienne Sous-secrétaire d’Etat à l’Education du Koweït

 

 

Jamal_RhmaniJamal Rhmani, Ministre de l’Emploi et de la Formation Professionnelle

« Les emplois qui se créent aujourd’hui ne sont pas les emplois de demain. Cela pose la question de la qualité des formations initiales et de la formation continue ».

 

Najat_RochdiNajat Rochdi, Directrice adjointe des Bureaux  du PNUD à Genève

« Tout développement ne se fait pas que par l’économique. C’est également un certain nombre de valeurs, une certaine attitude, ou culture et une certaine citoyenneté. Sans ça, on ne peut parler de développement ».

« Les gens ont beaucoup de savoirs, mais très peu de savoirs-faires ».

 

1159_BAHIJoseph Mifsud, Directeur de l’Université Euro-méditerranéenne – EMUNI

« Le défi sera de passe d’une éducation ‘au cas ou’ à une éducation du ‘juste à temps’ ».

 

 

Torek_FaradiTorek Fahradi, Directeur des programmes Moyen-Orient et Afrique du Nord à l’International Trade Center

« La productivité va continuer à évoluer au cours des 40 prochaines années. On ne peut attendre d’un système éducatif qu’il prépare quelqu’un pour toute la durée de sa carrière professionnelle. Il faut être réaliste ; les gens retourneront à l’école et/ou devront continuer à se former sur leur lieu de travail ».

 

L’ironie du sort semble s’acharner sur un grand nombre de pays du Sud. Malgré leurs succès économiques et des taux de croissance soutenus, ils se débattent encore trop souvent avec un chômage endémique. Dans la région MENA, 25% des 15-24 ans – qui représentent pas moins de 60% de la population régionale – n’ont pas d’emploi, a comparer à la moyenne mondiale de 14%.

Même les jeunes diplômés peinent à s’insérer sur le marché du travail. Un décalage s’est creusé entre formations et opportunités d’emplois. Le problème devient d’autant plus préoccupant que la région devra créer pas moins de 50 millions d’emplois dans les dix années à venir rien que pour absorber l’expansion démographique.

Education et développement

Le droit à une éducation primaire est fondamental. C’est une expérience transformative et épanouissante, et un moyen d’accès à une large palette d’avantages économiques, sociaux, politiques et culturels.

L’accès à un emploi décent et épanouissant est le pendant nécessaire à l’éducation. C’est à la fois une garantie de paix sociale, et un moyen d’accès à une vie digne et pleine de sens. Elle permet de plus l’application immédiate des bienfaits de l’éducation à un usage productif.

Quelque soit l’indicateur du développement choisit, toutes les études montrent un lien avec l’éducation. Que ce soit l’espérance de vie ou la croissance économique, tous s’améliorent avec la qualité de l’éducation.

Public/Privé

Les experts des Nations Unies pour l’éducation ont souligné que l’éducation publique ne parvenait pas à répondre aux besoins de l’économie. Le système privé en revanche, qui à la flexibilité pour s’adapter aux réalités du marché de l’emploi, laisse de côté les millions de gens qui n’ont pas les moyens d’ya accéder, dans un esprit complètement contraire aux objectifs du Millénaire.

S.E. Rasha Al Sabah a précisé que le secteur éducatif représentait une part extrêmement significative du budget des états. C’est pourquoi ces derniers se sont tournés vers le secteur privé pour les aider à partager le fardeau d’une éducation de qualité. Pourtant, elle a insisté sur le fait que l’éducation privée ne serait jamais en mesure de prendre entièrement le relai de l’éducation publique. Au centre d’un système éducatif doit demeurer l’impératif de « servir les individus », et non de produire à la chaine des cadres intermédiaires.

L’évolution continue des besoins de formation

Mettre les politiques éducatives en adéquation avec les besoins d’une économie de la connaissance sera l’un des défis majeurs du monde en développement.  Le Sud reste avant tout un récipiendaire de savoir, et pas assez un innovateur. Sur une note plus positive, tous les panelistes sont tombés d’accord pour dire que de plus en plus de centres d’excellence se situent désormais au Sud, et que les échanges de savoirs commencent à fonctionner dans les deux sens.

L’ancien modèle d’éducation « au cas où » a plus que jamais perdu son sens. A la place, nous devons trouver les moyens de faire une éducation « juste à temps ». Les changements technologiques et de productivité ont mené à une transformation radicale des modes de travail. Les statistiques montrent qu’un individu occupera désormais entre 7 et 12 emplois au cours de sa vie. De manière réaliste, on ne peut plus attendre d’un système éducatif de préparer un individu pour les 40 prochaines années. L’accent doit être mis dorénavant sur une meilleure synergie entre formation initiale et formation continue.

Stratégies d’avenir

La globalisation des marchés doit nécessairement s’accompagner d’une « globalisation des individus », au moins au niveau régional. Des initiatives éducatives doivent accompagner ce mouvement. L’Office Méditerranéen de la Jeunesse, qui a vocation à faciliter les échanges universitaires dans le pourtour méditerranéen, est le reflet de cette ambition. L’initiative de l’Union Européenne de créer une Union de l’Innovation, qui tente d’estimer les besoins des membres de l’UE en termes de compétences dans l’avenir, va clairement dans la bonne direction. Elle pourrait également être très bénéfique pour les pays du voisinage.

Le Maroc a contribué à la réflexion en présentant ses nouvelles initiatives pour rapprocher les offres formations avec les besoins de l’économie. Elles incluent des programmes crées et financés par l’état, mais gérés de manière autonome par des professionnels.

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