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L'impact de la crise sur les économies émergentes : quelles leçons en tirer ?

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Pour la première fois, les pays en développement sont sortis d’une crise systémique plus forts qu’ils n’y sont entrés. L’Indonésie, le Brésil et le Vietnam sont parvenus à maintenir leur trajectoire de croissance ascendante. La Chine poursuit pour sa part sa vertigineuse ascension de près de 8% par an.

Quelles leçons pouvons-nous tirer de cette expérience ? Comment le Sud envisage t’il son avenir ?

   

Karim_El_AynaouiKarim El Aynaoui, Responsable de la Direction des Etudes et des Relations Internationales, Bank Al Maghrib

« On ne peut imaginer un monde qui continuerait de croitre à deux vitesses. A un moment donné, demande et offre doivent correspondre au niveau global ».


Dr._Okkorie_A._UchenduDr. Okkorie A. Uchendu, Directeur du Département Monétaire, Banque Centrale de la République  Fédérale du Nigeria

« Pour faire la différence face à une crise, nous devons mettre nos ressources en commun. Les réserves combinées de toutes les banques centrales africaines s’élèvent à 450 milliards de US$ ».

AlexanderTrepelkovAlex Trepelkov, Directeur, Bureau du Financement pour le Développement, Département des Affaires Economiques et Sociales, Nations Unies

 

 

Preya_SharmaPreya Sharma, Directrice des marchés émergents, Trésor du Royaume Uni

 

 

Michel_JuvetMichel Juvet, Membre du Directoire, Banque Bordier

« Le G20 est un Facebook des grandes puissances ».

 

Alexandre_KatebAlexandre Kateb, Professeur à Sciences Po Paris, économiste, essayiste et directeur du cabinet Compétence Finance

 

 

Fatine_LaytFatine Layt, Présidente d’Oddo Corporate Finance

 

 

 

La bonne résistance du Sud

Les échanges entres banquiers centraux du Sud ont mis en lumière l’importance de fondamentaux économiques solides. La position économique et financière d’un pays est déterminante dans sa manière d’affronter une crise.

A cet égard, les pays en développement, dans leur grande majorité, ont bien mieux réussi que leurs homologues du Nord. Avec une fiscalité soutenable, une inflation et un endettement faible, d’importantes réserves et une balance commerciale solide, les conditions étaient réunies pour affronter sereinement l’instabilité macroéconomique.

« L’effet croissance » s’est lui fait fortement ressentir, et s’explique par la forte imbrication des économies développées et en développement (l’élasticité de croissance entre le Maroc et l’Union Européenne par exemple, se situe entre 0.4 et 0.5).

Perspectives d’avenir

Aucun pays ne peut réellement se considérer à l’abri de l’instabilité économique globale. L’assurance au niveau individuel est une option couteuse et peu souhaitable.  Si chaque état – à commencer la par la Chine – continue à accumuler des réserves de change pour se préserver des soubresauts de l’économie mondiale, le coût supporté par le système économique international sera exorbitant.

Les pays africains doivent approfondir leur intégration afin de tirer parti au maximum d’économies d’échelle. Pour l’instant, leurs économies sont faibles et divisées. En mettant en commun leurs réserves de change par exemple, les banques centrales africaines disposeraient de quelques 450 milliards de dollars US. L’idée de mettre en place une Banque Centrale Africaine, adossée aux banques centrales régionales d’Afrique, a également été évoquée dans les débats.

Pour finir, au delà du niveau des réserves, c’est l’importance de la coordination des politiques fiscales et monétaires qui a été mise en avant.

L’initiative de Chiang Mai entre 10 pays de l’ASEAN pour gérer leurs problèmes de liquidité de court terme pourrait faire figure d’exemple. Mais le Sud reconnait explicitement l’impératif de trouver un système d’assurance global intégré dans le système international. Les évolutions dans la gouvernance des institutions multilatérales comme le Fond Monétaire International ont été unanimement saluées comme un premier pas dans la bonne direction.

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