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Débat MEDays 2010: Peacebuilding: l'Afghanistan est il un laboratoire à ciel ouvert?

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Après 30 années de guerre et 10 ans d’implication des forces de l’OTAN, l’Afghanistan souffre toujours mêmes mots, extrêmement durs à éradiquer : des problèmes de gouvernance, de corruption et de développement économique. Le forum MEDays 2010 est revenu sur la dernière période pour se projeter vers les défis qui faudra relever pour le pays.

 

 

Abdullah_Abdullah

« Le leadership politique actuel de l’Afghanistan n’a pas su gardé le soutien de la population autour du processus politique qui a été entamé. C’est une opportunité de perdue. Le fossé grandissant entre le gouvernement et le peuple a été utilisé par les adversaires politiques de ce processus, notamment les organisations extrémistes et des terroristes qui les ont rejoints. »


Abdullah Abdullah, ancien ministre des Affaires Etrangères et leader de l’opposition


Keith_Ellison

« Alors qu’il y a un renforcement militaire (Américain), il y a un affaiblissement du soutien civil. Il devrait y avoir une politique d’accompagnement et de soutien à la société civile plus proactive acar au final c’est bel et bien ce dont l’Afghanistan a besoin »


Keith Ellison, Représentant élu au Congrès des Etats Unis d’Amérique pour le 5ème district du Minnesota

 

Torek_Farhadi

 

« Alors que nous nous acheminons vers un retrait partiel d’Afghanistan des troupes de la coalition, nous, les Afghans, militons pour un plan de développement économique de l’Afghanistan qui soit bon non seulement pour l’Afghanistan mais aussi pour la région. »

Torek Farhadi, ancien conseiller économique du président d’Afghanistan Hamid Karzaï

 

Khurshid_Mahmood_Kasuri

 

« Le Pakistan est extrêmement préoccupé, il voudrait que, quelque soit la stratégie de sortie, nous ne subissions pas la même période que durant la guerre civile afghane. Durant cette guerre, les Afghans ont soufferts mais les Pakistanais également. Il y a toujours 2 millions de réfugiés afghans au Pakistan. »


Khurshid Mahmood Kasuri, ancien ministre des affaires Etrangères du Pakistan

 

Sabrina_Sagheb

 

« La chute des Talibans a profité énormément aux femmes afghanes, surtout concernant leur participation en politique. Tous ces succès peuvent être remis en cause dans les négociations autour d’un processus de paix. Les femmes et les enfants seront les victimes de toutes négociations (ndlr. Avec les Talibans) »


Sabrina Sagheb, députée afghane

 

Zalmai_Haquani

« Depuis la conférence de Bonn en 2001 les défis restent les mêmes en Afghanistan. Les conditions pour relever ces défis par contre ont changé. Les trois défis majeurs sont :1) la paix et la sécurité 2) la stabilité institutionnelle et politique 3) la reconstruction économique et le développement »


Zalmai Haquani, ancien ambassadeur d’Afghanistan au Maroc et en France

 


Les panélistes s’accordent à dire qu’aucune paix et sécurité durable ne pourra être établie si le gouvernement n’a pas le soutien de la population dans sa lutte contre les Talibans.

Rendre le régime responsable devant le peuple

Abdullah Abdullah explique qu’il y a une déconnection entre gouvernement et population à cause de la répartition des pouvoirs mais aussi de la composition de ce gouvernement. La prise de décision est extrêmement centralisée ce qui a concentré tous les pouvoirs entre les mains d’un Président qui ne rend pas de comptes à la population. Récemment le Parlement s’est opposé à un décret présidentiel que le président a tout de même fait appliquer. Cette situation fait douter de la réelle prise en considération de la population et de sa représentation parlementaire par les politiques gouvernementales.
Sabrina Sagheb, députée afghane, s’est prononcée pour une réforme de la Constitution pour l'année 2011 dans le sens d’une démocratie parlementaire dans laquelle un Premier Ministre est responsable devant le Parlement et donc devant le peuple afghan. Pour renforcer la sécurité, la communauté internationale doit lutter efficacement contre la corruption omniprésente dans le pays. Selon elle, la corruption et la fraude électorale sont devenues systématiques. L’achat des votes, la fermeture des bureaux de vote et la violence sont monnaie courante lors des élections.
Zalmai Haquani, ancien ambassadeur afghan, voudrait lui qu’un amendement constitutionnel de nature à modifier le système actuel de vote soit voté afin de décourager la fraude. Si aucune dynamique de réforme de la gouvernance n’est enclenchée, les Afghans continueront à se tourner de plus en plus vers les Talibans.

Donner la priorité au développement économique


Le deuxième aspect central d’une vraie politique qui peut diminuer le poids des Talibans est la préoccupation pour le développement économique. Torek Farhadi, ancien conseiller économique du président afghan précise que 7 Afghans sur 10 n’ont pas accès à l’électricité. Cette situation limite la capacité du gouvernement à les soutenir et communiquer avec eux mais aussi la perception qu’ont les Afghans de la progression de leur cadre de vie.
Sans électricité, les hôpitaux ne peuvent fonctionner, les techniques agricoles modernes ne peuvent se propager. Enfin sans éclairage à son domicile, un enfant peut difficilement lire et les progrès du système éducatif ou de l’enseignement demeurent limités.

Perpétuer un soutien régional et international


Le futur de l‘Afghanistan dépendra du soutien régional et international. Khurshid mahmood Kasur, ancien ministre des Affaires Etrangères du Pakistan souligne notamment le fait que le futur du Pakistan et de l’Afghanistan sont liés. Le Représentant Keith Ellison a appelé de ses voeux une  relation forte entre les USA et les deux pays pour établir une paix durable dans cette région du monde.
Les panélistes afghans ont rappelé à l’audience la faiblesse chronique des forces de sécurité et le besoin du support de la communauté internationale pour promouvoir les valeurs démocratiques, l’Etat de Droit, les droits humains et atteindre une meilleure gouvernance.
Réconcilier les Afghans avec leur gouvernement nécessitera probablement une réforme constitutionnelle, une lutte contre la corruption et un développement économique soutenu.

 

 

 

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