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Dialogue politique et rapport de confiance: l'initiative arabe de paix peut elle être décisive?

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L'initiative arabe de paix formulée au sommet de la Ligue Arabe en 2002 à Riyad (Arabie Saoudite) propose une approche globale de la paix de la part de l'ensemble des Etats Arabes à l'Etat d'Israël. Cette paix globale signifie la normalisation complète des relations économiques et politiques.  En échange de cette l'initiative arabe de paix, Israël devra se retirer de tous les territoires occuppés et se replier derrière les frontières du 4 juin 1967, résoudre le problème des réfugiés palestiniens et accepter un Etat palestinien avec Jerusalem-Est comme capitale. Le forum MEDays a dédié un atelier de discussions à l'initiative arabe de paix et examiner quel est le potentiel de cette proposition pour faire avancer le processus de paix.

Trois positions disctinctes ont été évoquées:

1) Les intervenants arabes ont souligné le sérieux de l'initiative arabe de paix et l'opportunité unique pour Israël d'accéder à des revendications qui ont été les siennes depuis 1948: la paix régionale et la reconnaissance officielle. Saeb Erakat a désigné l'initiative arabe de paix comme "la seule véritable initiative stratégique des Arabes depuis 1948." Said Hindam, directeur de la prospective et de la gestion de crise au ministère egyptien des affaires étrangères l'a appelé "le coup de sifflet final", celui qui règle tous les problèmes d'un seul coup. Hasni Abidi, directeur du Centre Etudes et de Recherche du Monde Arabe et Mediterraneén souligne que les Etats arabes ont fait d'énormes concessions en faisant cette proposition. Tous ces intervenants ont appellé Israël à se saisir de ce document et à y répondre de manière sérieuse. Tandis que André Azoulay appellait lui la communauté internationale, Etats Unis et Union Européenne en tête à se saisir de cette initiative et à la promouvoir come une véritable solution vers la paix.

2) L'Etat d'israël n'acceptera pas ce document tel qu'il est puisqu'il évoque la question problématique des réfugiés et du droit au retour. Par ailleurs la méfiance subsiste que les Etats arabes pourraient ne pas accomplir les promesses de normalisation. Le Dr. Bruce Maddy Weitzman, chercheur senior Marcia Israel  au centre Moshe Dayan  d'études moyen orientales et africaines de l'université de Tel Aviv, rappelle en effet que l'initiative arabe de paix fait une référence explicite à la résolution 194 qui évoque le droit au retour. De la perspective israélienne le droit au retour est un problème; du côté des pays arabes de nombreux réfugiés palestiniens vivent encore sans nationalité dans des camps de leurs pays d'accueil notamment au Liban ou en Syrie. En plus de cela Israël ne croit pas vraiment que 57 pays arabes ou musulmans, qui soutiennent l'initiative (y compris l'Iran) établiront des relations normalisées avec l'Etat Hebreu si il fait la paix avec les Palestiniens. Pour Israël il faut que le contenu de l'initiative soit négociable pour qu'il soit considéré et il revient aux Etats arabes de vendre cette initiative.

3) La communauté internationale ne peut être le promoteur de l'initiative arabe de paix. Les puissances internationales sont en attente de ce que les Arabes attendent d'elles dans le cadre de l'initiative arabe de paix. Selon Robert Danin, Eni Enrico Mattei chercheur senior du Council for Foreign Relations, un leader doit apparaitre dans le monde arabe, un pays ou un groupement capable de porter et d'appliquer cette inititative. Le fait que le contenu puisse être négociable ou non doit être également clarifié. Une fois que cela sera établi, l'Union Européenne ou les Etats Unis pourraient contribuer à promouvoir cette initiative. Janos Hovari, sous secrétaire d'Etat hongrois aux affaires étrangères, recommande fortement la poursuite des programmes economiques et culturels entre les différents pays de la Méditerranée afin de s'inscrire clairement dans un contexte régional, celui de relations pacifiées que l'initiative arabe de paix pourraient construire.

L'agenda à venir pour cette intitiative et sa capacité à s'imposer dans l'agenda du processus de paix apparait plus clair au vue des positions exprimées. Ces trois positions ne sont en effet pas irréconciliables. Il faudra que les Etats Arabes construisent leur stratégie clairement pour répondre aux doutes israéliens. L'appui de la communauté internationale, des Etats Unis comme de l'Union Européenne, est indispensable pour que israël réponde sérieusement à la proposition et pour cela il faudra que la ligue arabe élucide si le détail du document est négociable ou non.

 

"Je n'avais jamais imaginé qu'il y aurait un jour une initiative arabe de paix et je n'aurais jamais imaginé que Israël l'aurait ignoré à ce point. L'initiative de paix arabe a été à peine discutée en Israël, marginalisée depuis le début, totalement ignorée".

Gideon Levy, Journaliste à Haaretz

 

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