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Mali : coup d’arrêt totalement inapproprié !

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Nous avons appris hier mardi que le Premier Ministre Cheikh Modibo Diarra a été sommé de démissionner par les ex-putschistes.

L’argument avancé par les militaires du supposé « agenda personnel » de Cheikh Modibo Diarra semble irréaliste.  Comment en est-on arrivé là ? L e Premier Ministre malien démissionnaire, présent aux MEDays 2012, avait appelé,  il y a moins d’un mois à Tanger,  le Conseil de Sécurité des Nations Unis et la communauté internationale à soutenir, sans délais, le vote d’une résolution onusienne ouvrant la voie au déploiement d'une force ouest africaine, sous l’égide de la CEDEAO, dans le Nord du pays afin d’assurer, dans un premier temps, l’intégrité territoriale du Mali.

CMD_MEDays_2012Nous sommes en droit de nous interroger légitimement sur le timing de ce nouveau coup de force dans la crise malienne.  Nous savons que les relations entre Diarra et le toujours aussi influent capitaine Amadou Sanogo, chef des ex-putschistes, ont toujours été difficiles et ambigües. Le principal point de divergence entre les deux hommes réside dans la pertinence d’une intervention militaire étrangère que Diarra, homme de consensus largement soutenu par la communauté internationale, appelait dans les plus brefs délais. L’ex-putschiste quant à lui  privilégie une reconquête via l’armée malienne sous son commandement, soutenue par les puissances du champs, l’Algérie en tête.

L’Algérie, puissance régionale et clé de voûte de toute initiative,  n’a cessé depuis le putsch de mars dernier d’écarter la possibilité d’une intervention militaire étrangère au Nord Mali en poussant Bamako à discuter avec Ansar Dine et le MNLA (Mouvement national de libération de l'Azawad). A Tanger, Diarra avait également sollicité l’appui des autorités du Maroc pour faire valoir ses positions au Conseil de sécurité, où le Royaume, très engagé sur le dossier malien au sein de l’instance onusienne, siège actuellement à titre de membre non permanent. Ce qui, on l’aura deviné, a été très peu apprécié du côté d’Alger. Cette  « démission » de Cheikh Modibo Diarra, qui intervient à quelques jours de la visite d’Etat du Président François Hollande à Alger, allant ainsi dans le sens de la partition solitaire de nos voisins algériens et cet agenda peu clair qui semble parfois aller à contre-courant des efforts menés par la communauté internationale pour parvenir à une sortie de crise.

Alger veut garder la main sur le dossier malien, et le montre clairement à travers le nouveau « coup d’éclat » de son principal bras armé malien, le Capitaine Sanogo. Qu’il s’agisse du dialogue ou de l’intervention militaire, tout est gelé, et reste dans l’attente de la formation, nous l’imaginons laborieuse, d’un nouveau gouvernement intérimaire à Bamako…

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