Vous êtes ici : Accueil > Orientations stratégiques > Axes géographiques > Maroc

Revue de presse: le discours du 9 mars et les réformes politiques au Maroc

  • PDF
  • Imprimer

La revue de presse internationale de cette semaine sera consacrée à un sujet national qui s'inscrit dans une problématique régionale et internationale. Le 9 mars dernier, le souverain marocain, le Roi Mohammed VI, a prononcé un discours dans lequel il annonce une rupture de grande ampleur avec le système institutionnel marocain tel que pratiqué dans les années précédentes.

Suite à la chute du président Ben Ali en Tunisie puis celle d'Hosni Moubarak en Egypte, les pays du monde arabe font face à un moment historique de rupture nette avec toute une période dans laquelle ils donnaient l'image de monolithes insensibles au temps ou aux mouvements. A bien des égards, les situations ne sont pas comparables d'un pays à l'autre. Pour le cas du Maroc, l'alternance politique  organisée dès 1998 sous le règne de feu Hassan II, puis l'initiative de SM le Roi Mohammed VI d'ouvrir en 2004 des audiences publiques de l'Instance Equité et Reconciliation pour solder les années de répression politique, ont sans doute donné un certain gage de volonté réformatrice. Néanmoins les recommandations annexées au rapport de l'IER n'ont jamais été traduites dans les textes constitutionnels. Par ailleurs les réformes annoncées mais  jamais réellement abouties, telle que celle du système judiciaire, ont laissé penser que la dynamique de changement était en panne.

Aucun pays du monde arabe ne pouvait échapper à la dynamique lancée par une nouvelle génération politisée, certes, mais non partisane, et le Maroc ne fait pas exception. Le 20 février 2011, un collectif de jeunes marocains a lancé un appel sur facebook au rassemblement pour demander notamment l'écriture d'une nouvelle constitution. Les revendications des jeunes du "mouvement du 20 février" ont trouvé des échos parmi les anciens qui auraient voulu constitutionnaliser les changements préconisés par l'IER, chez les jeunesses partisanes de la gauche aux partis islamistes. Le 20 février, plus de 53 villes et 37 000 personnes ont manifesté leur volonté de poursuivre les réformes politiques, avoir plus de liberté d'expression et plus de leviers d'action sur le gouvernement et ses orientations politiques. Le 20 mars 2011, soit 10 jours après le discours du Roi, la mobilisation est restée inchangée. Les manifestants comptent bel et bien se donner un droit de regard sur les avancées de la commission nommée pour réformer la constitution.

Le 9 mars le Roi Mohammed VI avait pris la parole pour annoncer une vaste réforme constitutionnelle dont le texte est le premier document de cette revue de presse. Suivent l'éditorial de Tel Quel paru à la suite du discours royal -l'hebdomadaire à la tonalité la plus libérale - une tribune de Ahmed Benchemsi -fondateur de Tel Quel et désormais chercheur à Standford- publiée dans le quotidien français le Monde et l'article de Nicolas Marmié dans Jeune Afrique hebdo qui reprend un point de vue plus décentré, celui que beaucoup d'observateurs internationaux ont adopté sur les annonces de Mohammed VI. En résumé, le discours du Roi ouvre des perspectives historiques ; il est en phase avec les aspirations exprimées mais de nombreux manifestants estiment que c'est en désacralisant la fonction du Roi que les réformes pourront prendre toute leur dimension.

pdf-iconTélécharger la revue de presse

 


 

1.    Texte du Discours du Roi Mohammed, 9 mars 2011
2.    « De Lui à Nous », par Karim Boukhari, Tel Quel
3.    « La sacralité du trône est un frein à la démocratisation au Maroc », Ahmed Benchemsi, le Monde
4.    « Le Roi Mohammed VI et le sens de l’Histoire », Nicolas Marmié, Jeune Afrique hebdo

Suivez nous

A voir aussi