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L'Afrique, la nouvelle frontière de croissance

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L’institut Amadeus, s’est engagé, depuis sa création en 2008, à promouvoir le dialogue et la coopération Sud-Sud et Nord-Sud. Loin des nombreux préjugés du siècle dernier, l’Afrique, est aujourd’hui le continent de tous les possibles. En effet, dans un contexte de crise financière et économique internationale accrue, l’Afrique a démontré sa capacité à en surmonter les répercussions. L’amélioration de la gouvernance et les réformes conduites dans de nombreux pays africains ont permis d’insuffler une dynamique de croissance impressionnante, évaluée à 5% pour la décennie actuelle.

En Afrique, le temps de l’assistanat est donc révolu, laissant place à l’ère de l’investissement et du partenariat. Ainsi, nous ambitionnons à travers la GGC, de contribuer aux échanges et débats sur des thématiques variées mais inter-liées autour de l’émergence du continent. Nous identifierons ensemble, les différents leviers de croissance que les pays africains devront actionner.

L’Afrique s’est affirmée depuis moins de dix ans, comme un important relais de croissance, prisé et convoité. En 2014, 106 millions d’africains devraient disposer d’un revenu annuel de plus de 5000$, un seuil au-delà duquel ils consacreront selon les experts, la moitié de leurs revenus à des biens non-alimentaire.

Cette nouvelle classe moyenne africaine influera sur la demande locale et permettra d’impulser un cercle vertueux de production. L’émergence de cette classe moyenne, permet aux investisseurs continentaux ou internationaux, de considérer des secteurs autres que les ressources naturelles, des secteurs comme les télécommunications, les services financiers, l’agroalimentaire, ou encore l’immobilier. L’Afrique est le nouvel eldorado des investissements mondiaux. L’Afrique est aujourd’hui la dernière frontière de croissance.

Le Maroc et l’Afrique

Le Maroc, occupe depuis plus de 50 ans une position de leader sur le continent. La coopération entre le Royaume et ses partenaires africains a connu plusieurs temps forts. D’abord celui de la coopération militaire, puis celui de la coopération politique, avant d’entrer dans l’ère de la coopération économique depuis la fin des années 1990.

La récente Tournée Royale dans quatre pays africains, a permis de renforcer le rôle de locomotive économique que joue le Maroc sur le continent, et notamment en Afrique de l’Ouest. La vision du Royaume, telle que portée par SM le Roi Mohammed VI, est basée sur la particularité de la relation historique et religieuse entre le Maroc et l’Afrique, et s’inscrit dans un schéma inédit construit autour des notions de co-développement, de solidarité sud-sud renforcée et de forte dimension sociale. Cette philosophie Royale, doit pouvoir être accompagnée d’une stratégie économique globale du Maroc en Afrique.

Il est important de rappeler que le Maroc est le deuxième investisseur africain sur le continent après l’Afrique du Sud et le premier en Afrique de l’Ouest, avec un volume d’IDE dépassant les 2 milliards de dollars par an depuis 2008.

L’engagement du Maroc en Afrique, a permis à de nombreux opérateurs économiques nationaux, tous secteurs confondus, et désormais insérés dans l’action du Royaume dans le continent, de se tourner vers le Sud pour y investir. Ils ont ainsi concrétisé plusieurs projets d’investissements en Afrique et ont également contribué à « banaliser » l’acte d’entreprendre et d’échanger avec les pays partenaires.

Profitant d’un cadre politique de coopération privilégiée, de nombreuses entreprises marocaines font donc depuis plus de cinq ans le pari de l’Afrique.  Continent à fort gisements de croissance certes, l’intérêt des grandes entreprises marocaines pour l’Afrique s’explique aussi par la volonté de mettre à mal leurs dépendances vis-à-vis des économies européennes aujourd’hui en crise. Aujourd’hui, les grandes entreprises marocaines de différents secteurs (Télécoms, bancaire, assurances, mines, construction, immobilier, eau et électricité, aérien, gestion des ports, etc.) sont présentes dans plus d’une vingtaine de pays sub-sahariens.

En résumé, la nouvelle stratégie économique du Maroc en Afrique, est globale et intégrée (elle est composée du triptyque institutionnels- gouvernement-secteur privé). Elle est construite sur des politiques d’investissements et non sur le seul commerce de produits agricoles et manufacturiers.

Les gisements de croissance en Afrique

La Global Growth Conference 2014 (GGC), organisée récemment par l’Institut Amadeus, ambitionne également de se mouvoir en prisme d’analyse des enjeux et des défis auxquels font face les pays africains, autrefois relayé aux problématiques de développement, aujourd’hui enfin consacré comme puits infini de potentiel économique. La GGC a permis de mettre en lumière un certain nombre de gisements de croissance sur le continent.

A travers la GGC 2014, il a globalement été admis que le manque d’infrastructures bride significativement son potentiel économique du continent. On estime que le continent accumule un déficit de financement des équipements d’au moins 31 milliards de dollars par an. Les nouveaux modes de financement, associant secteur public et secteur privé, offrent aujourd’hui de réelles perspectives de retour sur investissement. En Afrique du Sud et au Nigéria à titres d’exemples, des PPP ambitieux ont permis de développer un véritable réseau autoroutier : pour le bénéfice des usagers, des investisseurs et des Etats. Et des millions d’emplois à la clef.

Le continent présente d’importantes carences en énergies et particulièrement en matière d’électricité. Le nombre de personnes n'ayant pas accès à l'électricité est aujourd'hui estimé à 1,4 milliard de personnes dont environ 585 millions (42 %) vivent en Afrique, où 31 % seulement de la population disposent d'un accès à l’électricité, ce qui constitue le pourcentage le plus faible au monde. De plus, L’Afrique compte 15% de la population mondiale, mais ne représente que 3% de la consommation d’énergie primaire de la planète. Des investissements dans ce secteur peuvent donc être fructueux surtout que le continent présente un potentiel énergétique énorme.

En matière de  bancarisation et d’inclusion financière, ll faut avoir l’esprit, qu’un secteur financier efficace permet de mobiliser l’épargne et d’affecter les ressources aux emplois les plus productifs, mais aussi de fournir des informations sur les investissements possibles et permet une surveillance de l’utilisation des fonds. Avec seulement 10% de la population bancarisée et un secteur financier en croissance à deux chiffres, la bancarisation, les technologies de dématérialisation et l’assurance offrent aujourd’hui des perspectives d’emplois et de croissance importants sur le continent.

Par ailleurs, l’investissement dans la sécurité alimentaire, autre gisement clefs, joue un rôle central pour la croissance économique du continent et dans la réduction de la pauvreté. Il faut noter que l’agriculture constitue aujourd’hui la première source d’emplois et de revenus pour plus de 2/3 de la population africaine. Une croissance de 1 dollar du revenu agricole d’un pays africain se traduit approximativement par une augmentation de 2.5 dollars du revenu total du pays. Des opportunités de perfectionnement existent aujourd’hui à tous les stades de la chaîne de valeur agricole, de l’approvisionnement à la production en passant par le stockage, la transformation, le transport et la vente.

En tirant parti de son avantage compétitif sur les niveaux de salaires, l’industrie représente aujourd’hui un levier de croissance majeur pour le continent. Les expériences de développement récentes ont montré qu’une croissance économique forte et durable a presque toujours été induite par un processus d’industrialisation, notamment par celui de la production manufacturière. Pour un nombre grandissant de filières à forte intensité de manœuvre, l’Afrique représente désormais une alternative attractive de production au Sud-est asiatique.

Le défi du continent réside donc dans le développement d’industries capables de transformer ses ressources naturelles et matières premières au lieu de les exporter à l’état brut.

La nécessité d’une croissance partagée

Pour les investisseurs, l’Afrique est devenue une destination de choix. La croissance en Afrique doit être synonyme de création de valeur partagée. Faute de quoi, elle ne saurait être durable. Les opportunités existent ; et une dynamique est déjà en marche. Ces cinq dernières années, le continent a enregistré une hausse des investissements dans les secteurs non liés aux matières premières. La mise en valeur d’un grand nombre d’opportunités est aujourd’hui davantage une question de volonté politique que de moyens.

Brahim Fassi Fihri, Président de l'Institut Amadeus

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