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Atelier de travail autour de la problématique du déficit public au Maroc

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Débat de fond, les Finances publiques et leur imbrication dans les perspectives de réformes étaient au cœur d’une rencontre- débat organisée le mardi 12 Juillet au sein de l’Institut Amadeus.

Il s’agissait essentiellement d’aborder une lecture sereine de la politique budgétaire de l’actuel gouvernement à la lumière des concessions accordées dans un contexte de remous social national sur fond de Printemps arabe.

L’enjeu principal était de pouvoir considérer les efforts à mener pour concilier équilibre des finances et paix sociale avec en toile de fond la quête d’une compétitivité retrouvée des exportations marocaines, la restructuration nécessaire de la Caisse de Compensation mais aussi  les menaces grandissantes sur la note souveraine du Maroc.

DSC_0067Cet atelier de travail a ainsi a vu la participation de Mme Nadia Salah et M. Driss Benali, experts économistes, M. Abdeslam Seddiki, membre du bureau politique du PPS, M. Mamoun Tahri Joutei, Directeur Recherche à la BMCE, M. Badr Alioua, Directeur Gestion d’Actifs à Attijari Wafabank, M. Zakaria Arifi du Ministère de l’Economie et des Finances, Mme Nadia Lamlili, Responsable de la Publication Economie et Entreprises, Mme Bouchra Benhida, Professeur universitaire à l’ESCA ainsi que les membres de l’Institut Amadeus.

Evaluant le déficit public actuel du royaume, les intervenants n’ont pas manqué de mettre en avant le caractère inquiétant, sérieux mais non dramatique de la situation. Des indicateurs certes au rouge dans un contexte régional (printemps arabe) et international (crise économique européenne) loin d’être favorable, rappelant que le Maroc ne fait pas exception dans ce marasme économique global.

La paix sociale financée par le biais des deux poudrières : charges de personnel et caisse de compensation, est l’illustration du courtermisme de rigueur dans un contexte de lendemains incertains. Souvent contestée, ce n’est pas tant peu soit-il  la décision d’augmenter les salaires des fonctionnaires qui fait débat, mais surtout l’absence de productivité engendrée, le coût des grèves toujours aussi pénalisant et  surtout la non prise en compte du capital humain, décision politique incontestablement au cœur de ce débat économique.

L’équilibre macro-économique étant un impératif majeur, l’ensemble des présents à l’atelier ont été d’accord pour affirmer que la tâche du futur gouvernement sera des plus ardues.

Celui-ci est  ainsi appelé à investir pleinement dans des politiques consacrées  au capital humain à travers l'amélioration de la qualité d'enseignement et l'éducation à la citoyenneté, dans le but d’atteindre une meilleure productivité. Trop souvent mises de côté au profit des projets dit de « grands chantiers », les politiques de création d’entreprise et d’incitation à l’entreprenariat constituent l’un des vecteurs clé des bases d’une croissance structurelle.

A noter qu’une amélioration de la productivité contribuerait grandement à redresser la balance commerciale qui du fait d’une hausse continue des factures énergétiques et alimentaire du Maroc connait une détérioration quelque peu inquiétante.

Parmi les pistes également évoquées : la réforme de la fiscalité, quoique celle-ci ne saurait occulter la réalité de l’économie informelle qui est celle du Maroc. D’aucuns évoquent la traque de niches, dans un contexte où encore trop peu nombreuses sont les entreprises qui paient leurs impôts ; où face à l’échec de l’Etat à faire respecter la loi,  la participation citoyenne est une notion quasi-absente dans les modalités de gouvernance des entreprises marocaines.

 

Ces dernières, dans un marché plus que jamais mondialisé et noyé par une suroffre de main d’œuvre non qualifiée, se doivent pour être compétitives de mener de réels efforts en matière d’intelligence économique et d’accès à l’information, éléments clés pour  perfectionner leur capacité de saisie d’opportunités.

Dernier grand sujet lors de cette réunion : la Caisse de Compensation et la nécessité d’améliorer les  approches de ciblages des populations en droit de pouvoir en bénéficier. Néanmoins, bien  qu’indispensable, la réforme de la Caisse de Compensation doit être progressive afin d’éviter tout  dérapage social et politique.

Les exemples d’autres expériences réussies à ce niveau telles que le programme Solidarios au Chili ou  Opportunidades au Mexique sont venus étayer la thèse de l’importance cruciale de la volonté politique  pour approvisionner en produits de premières nécessités les contrées les plus éloignées du pays.

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