Vous êtes ici : Accueil > Actualités > Actualité de l' IA

Emerging Africa : Comment pérenniser le rôle croissant du continent dans l’échiquier mondial ?

Il y a à peine une vingtaine d’années, l’Afrique était dépeinte par tous avec pessimisme, comme un continent sans espoir, meurtri par les guerres, la sécheresse, la pauvreté extrême et le manque de perspectives économiques. Récemment cet afro-pessimisme semble avoir laissé place à un afro-optimisme naissant. Et pour cause, depuis plus d’une décennie, les indicateurs de croissance en Afrique sont au vert et le continent n’a de cesse d’attirer les convoitises.

Accéder au détail

Compte rendu de la Conférence Marque Maroc

  • PDF
  • Imprimer

Conscients de l’importance du « marketing pays » ou « nation branding » pour l’image du Maroc sur la scène internationale, l’Institut Amadeus et Maroc Export ont organisé, conjointement, le Vendredi 27 Mai 2016 à Casablanca, la première Edition de la Conférence Marque Maroc et ce en présence de Mohammed Abbou, Ministre du Commerce extérieur qui a insisté sur « l’excellente plateforme d’échange et de débat » qu’incarne cette journée, tout en rappelant que le « Label Maroc » est bien plus qu’un slogan, mais un réel « objectif stratégique » mis en place par Sa Majesté le Roi Mohammed VI dès Septembre 2013. Pour Youssef Amrani, chargé de mission au Cabinet Royal et invité à l’ouverture de la Conférence, la thématique du « marketing pays », est cruciale pour le Maroc, qui grâce à son modèle inédit parvient à construire une démocratie, interagir avec la mondialisation, tout en conservant ses traditions cultuelles et culturelles

Articulée en quatre sessions et deux présentations, la Conférence a permis de donner la parole à un panel d’intervenants marocains et étrangers, issus du secteur public et privé. La finalité de cette journée fut de s’interroger quant à la construction d’une image distinctive du Maroc, dessinée autour de ses propres référentiels. Si l’ensemble des participants se sont entendus sur le fait que le Maroc, fort de sa stabilité politique, son attachement aux principes démocratiques et son ouverture économique, jouit de la confiance des acteurs internationaux, les panels furent l’occasion de se pencher sur des thématiques précises afin d’analyser le chemin qu’il reste à parcourir pour positionner la Marque Maroc sur la scène internationale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La première session, « La marque Maroc : Comment construire le label « Made in Morocco » pour favoriser l’émergence du royaume et contribuer à son rayonnement à l’échelle mondiale ? », a ainsi permis de faire un bilan de l’action des acteurs institutionnels et privés marocains, tout en ouvrant le débat sur les efforts restant à produire pour permettre au Maroc de rayonner dans le monde au travers de sa marque pays. Mohammed Benayad, Secrétaire Général du Ministère du Commerce extérieur a rappelé dans son intervention que la construction d’une Marque Maroc n’est pas l’apanage des institutions gouvernementales, mais requiert la participation de la nation entière au travers le rayonnement des entreprises marocaines et de leur savoir-faire, sans oublier la participation active de la société civile. Outre le réel besoin d’une stratégie globale et cohérente, les intervenants ont tous insisté sur le fait que pour arriver à un positionnement marocain singulier sur la scène internationale, le pays devra concentrer ses efforts sur la création d’une « inspiration marocaine » mêlant mythe et réalité autour de l’image du Maroc. Dans cette optique, Malcom Allan, CEO de Placematters, a souligné l’importance du « story telling », dont l’acteur majeur est la population. Abbas Azzouzi, Président Directeur Général de Médi1TV a pour sa part regretté l’absence d’un partenariat fort entre le secteur public et privé. Afin de dépasser cela, il a recommandé la mise en place d’un système de gouvernance clair et structuré laissant place à la « transversalité » et donnant naissance à de réelles propositions de valeurs rattachées à la Marque Maroc.

La deuxième session, « Médias, grandes entreprises, Think tanks, grandes écoles et culture : le Soft power contribue-t-il à l’essor du capital immatériel du Maroc ? » a mis en exergue la diversité des acteurs contribuant à la construction d’un capital immatériel marocain. Les interventions de trois CEO d’entreprises marocaines implantées à l’international (Cosumar, SNTL et Outsourcia) ont permis de mettre en lumière le potentiel et le dynamisme de nombreuses entreprises marocaines, dont le savoir-faire est apprécié hors du Royaume.  Grâce à un modèle économique singulier, s’appuyant particulièrement sur la mobilité durable, la SNTL, dirigée par Mohamed Benouda, peut se réjouir d’être un exemple de réussite entrepreneurial « Made in Morocco » connaissant une croissance annuelle à deux chiffres. Afin de participer au renforcement du dialogue entre les représentants la marque Maroc, Abdelmalek Alaoui, CEO de Guépard Group, a appellé à davantage de convergence entre les acteurs porteurs de ce projet national.

Si la voix des chefs d’entreprises a raisonné lors de cette conférence, le poids des acteurs de la sphère culturelle dans la création d’un capital immatériel n’a pas été négligé. Patricia Defever Kapferer, Directrice des Editions « Langage du Sud » a insisté sur le fait que le made in Morocco doit reposer sur « l’imaginaire et le rêve », en s’appuyant notamment sur les acteurs culturels qu’elle qualifie de « porteurs d’image ». Enfin, Thami Ghorfi, Président de l’ESCA Ecole de Management a tenu à rappeler que le domaine de l’enseignement supérieur représente un véritable « outil d’influence » pour le Maroc, à ne pas négliger. Pleinement engagé dans le rayonnement du système d’enseignement marocain à l’international, M. Ghorfi a insisté sur le fait que la marque Maroc appartient à ceux qui « ont envie d’y contribuer ».

Le Maroc, engagé dans un véritable partenariat sud/sud agissant avec l’Afrique a édifié comme priorité de sa politique étrangère ses relations avec l’Afrique subsaharienne. En ce sens, la troisième session, « Maroc : catalyseur de la marque Afrique ? » s’est interrogée sur la capacité d’un Maroc dynamique et précurseur en Afrique, à devenir un véritable leader sur la scène régionale, représentant de la Marque Afrique.

Pour l’ensemble des intervenants, et plus particulièrement pour Mossadeck Bally, PDG du groupe hôtelier Africain Azalaï hotels, le Maroc joue incontestablement le rôle de catalyseur de la Marque Afrique. M. Bally explique cela de par l’historicité des relations du Maroc avec l’Afrique de l’Ouest, via l’implantation de nombreux grands groupes marocaines en Afrique à l’instar du secteur bancaire, mais aussi au travers des liens cultuels et culturels qui unissent le Maroc et l’Afrique subsaharienne. Si les intervenants se sont accordés sur le fait que le Maroc est un acteur fédérateur en Afrique de l’Ouest, Abdou Diop, président de la Commission Afrique de la CGEM, est venu minimiser l’enthousiasme autour d’un Maroc leader en Afrique. En effet, la fragilité de la Marque Maroc repose sur sa jeunesse. Pour pallier à cela, M. Diop préconise une meilleure coordination des actions en Afrique, notamment au travers de la création d’une institution dédiée à cela. Dans l’objectif d’accroitre son influence sur l’ensemble du continent, Joël Ruet, Président de l’Observatoire des émergents a pointé du doigt un élément crucial dans la construction d’une marque pays : l’enthousiasme. Pour M. Ruet, c’est autour de cet élément clé que le Maroc va devoir concentrer ses futurs efforts afin de fédérer autour de sa Marque Pays.

Avec l’organisation de la COP22 en Novembre prochain à Marrakech, le Maroc va jouir d’une exposition médiatique internationale unique. L’image du pays va être scrutée par les observateurs internationaux. En ce sens, la quatrième session de la Conférence Marque Maroc intitulée « La Cop22 : quelles opportunités pour la Marque Maroc ? », a mis en lumière les enjeux pour le « nation branding » marocain qui vont se jouer lors de cet évènement réunissant plus de 190 Etats. Lors de son intervention, Saïd Mouline, Directeur Général d’ADEREE, a souligné la vision royale « exceptionnelle » qui a érigé, dès 2009, les enjeux énergétiques comme priorité de la politique nationale. Alexandre Medvedowsky, Président d’ESL & Network France, a insisté sur l’opportunité immense qui s’offre au Maroc au travers de cette organisation. Le pays va pouvoir capitaliser sur son expertise déjà bien développée en matière de développement durable et d’énergie renouvelable pour renforcer son image de marque. Brahim Fassi Fihri, Président de l’Institut Amadeus, pour qui la CO22 doit être celle de « l’action », a évoqué le rôle des Think tanks, qui se doivent de participer activement à la préparation de cette grande manifestation planétaire, notamment en accompagnant le comité scientifique de pilotage, ou à travers l’organisation de tables rondes et autres workshops autour de l’identité de la COP22. Enfin, Eric Bazin, fondateur des Ateliers de la Terre, est venu atténuer l’enthousiasme général des intervenants en rappelant que le Maroc devra faire de cet évènement, la COP de l’Afrique, ainsi qu’un succès environnemental, dépassant ainsi le succès politique et diplomatique de la COP21 de Paris.

L’avenir de la Marque Maroc est conditionné par la convergence, coordination et cohérence des actions des différentes parties prenantes participant à la création d’une marque marocaine. S’inscrivant dans ce mouvement national et ayant conscience que le processus sera long, Zahra Maafiri, Directrice Générale de Maroc Export, a clôturé la conférence en annonçant la parution en Septembre prochain du Rapport Marque Maroc ainsi que la tenue sur une base annuelle, de la Conférence Marque Maroc.

Suivez nous