Visioconférence : Les Communautés économiques Régionales à l’heure de la ZLECAf, s’adapter ou disparaitre ?

Au centre du débat organisé par l’Institut Amadeus le 30 Mars 2021, sous le thème : « les Communautés économiques Régionales à l’heure de la ZLECAf, s’adapter ou disparaitre ? » des problématiques d’actualité liées à l’entrée en vigueur de la Zone de libre-échange Africaine, le Webinaire a vu la participation de décideurs et d’éminents experts africains qui ont répondu au rendez-vous afin de discuter des avantages et des limites inhérentes à la ZLECAF dans un contexte où l’intégration économique est une priorité continentale.

 

Cette recontre virtuelle coordonnée et modérée par M. Amine Laghidi, Expert International, a connu la participation de Son Excellence M. Yonov Frederick Agah, Directeur Général Adjoint de l’OMC, Son Excellence M. Youssef Amrani, Ambassadeur du Maroc en Afrique du Sud, M. Abdou Diop, Président de la commission Africaine de la CGEM, Dr. Joseph Adelegan, fondateur de Green Globe SME Funds, M. Prudence Sebahizi, conseiller technique en chef sur la ZLECAf auprès de la Commission de l’Union Africaine, M. Patrick Anam, expert en droit commercial international et en politique commerciale, M. Anthony Kwasi Nyame-Baafi, conseiller technique au Ministère du Commerce et de l’Industrie du Ghana.

 

M. Laghidi a indiqué dans son mot d’ouverture que « la ZLECAf une fois effective pourrait permettre la résolution de certains des problèmes les plus permanents du continent africain à savoir : le besoin d’infrastructure, les besoins en énergie facilitant l’industrialisation, l’électrification, l’agriculture etc.» , Il a également mis l’accent sur « le rôle clef du Maroc comme locomotive de développement du continent Africain et apporteur d’un nouveau paradigme, celui de « l’Afrique qui fait confiance à l’Afrique » et de d’Afrique qui passe de la vision fédératrice et souveraine à l’action concrète et durable, grâce à des projets comme le pipeline de Gaz entre le Nigeria et le Maroc et l’Usine d’engrais d’ammonium, véritable drivers de l’agriculture, de l’alimentation, de l’électrification , de la création d’emplois et de richesses par les africains pour les Africains. Telle est la vision de notre souverain Sa Majesté le Roi Mohammed VI. »

 

Parmi les sujets abordés, la compétition entre différents blocs régionaux, l’intégration du secteur privé dans le processus de libéralisation des échanges sur le continent ainsi que son rôle prépondérant dans la réussite de la ZLECAf, la convergence des politiques nationales en matière d’intégration, et le rôle de la zone de libre-échange dans la réduction de la pauvreté sur le continent.

 

Son Excellence M. Yonov Frederick Agah a insisté que le changement positif ne pourrait que venir des institutions Africaines, et a mis l’accent sur la nécessité d’engagements politiques, rappelant à cet effet que la mise en place d’une structure est vaine en l’absence de volonté politique des décideurs. Pour ce faire, il privilégie l’action au niveau national, à travers une amélioration des politiques microéconomiques, comme 1ère phase de l’intégration continentale souhaitée, pour ensuite évoluer sur le niveau bilatéral, multilatéral, régional et enfin continental.

 

Dans le même sens, le Professeur Joseph Adelegan a souligné que le développement du continent doit obligatoirement passer par une meilleure intégration des CER, les Communautés économiques régionales, inégalement intégrées, souffrent d’une absence d’harmonisation des politiques économiques et commerciales, à quoi il faut ajouter un manque de volonté politique des décideurs. Ces différents maux pourraient ralentir le processus de la libéralisation des échanges sur le continent africain.

 

Abdou Diop a insisté sur le fait que les Communautés économiques régionales, à travers leur expérience en matière d’intégration, pourraient apporter une réelle valeur ajoutée au processus de libéralisation des échanges au niveau continental, car précise-t-il « les communautés économiques régionales sont à l’échelle inférieure le prototype de ce qu’on veut construire sur l’ensemble du continent ».

 

Du point de vue de M. Prudence Sebahizi, il est important d’accélérer les processus de mise en place de la ZLECAf, qui ont été fortement ralentis par la crise de la Covid-19. Pour M. Anthony Kwasi Nyame-Baafi, il est nécessaire d’harmoniser les réglementations commerciales Africaines. Il a été appuyé sur ce point par M. Patrick Anam qui a insisté sur l’importance de la standardisation des normes au niveau continental, et a aussi ajouté que la spécialisation et la complémentarité des économies seront les clés du succès de la ZLECAf.

 

Son Excellence M. Youssef Amrani a particulièrement mis l’accent sur la promotion du leadership en matière d’innovation et de gouvernance. Il a également fait remarquer que la zone de libre-échange continentale s’inscrit dans la droite ligne de la politique de coopération Sud-Sud menée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI sur le continent africain. Selon le diplomate Marocain « l’intégration régionale n’est plus simplement une option mais une réelle nécessité ». Pour le Diplomate, le « Non-Maghreb » est dans ce contexte, une aberration tant du point de vue politique qu’économique. Se référant à la main tendue par le Souverain à l’Algérie en Novembre 2018, M. Amrani regrette que le pouvoir algérien puisse persister dans son aveuglement idéologique au détriment de la constitution Maghrebine, qui est dans l’intérêt des peuples de la Région et de l’ensemble du Continent.

 

En guise de conclusion M. Agah propose une création par l’Union africaine, à l’instar de la CEDEAO d’un « buisines passeport » continental afin de faciliter le déplacement sur le continent des investisseurs africains. Il affiche son opposition complète à la création de nouveaux blocs économiques qui aura pour conséquence une compétition entre les différents blocs. Quant à M. Baafi, il prône une intégration complète du secteur privé dans le processus de libéralisation des échanges sur le continent. M. Sebahizi a pour sa part conclut sur le travail entreprit dans la convergence des politiques nationales et du rôle prépondérant du secteur privé dans la réussite de la ZLECAf.

 

Partagez cet article sur :

Articles liés